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En guise de moment de conclure

EN GUISE DE « MOMENT DE CONCLURE » !

    « Lier et lire, c’est les mêmes lettres, faites y attention » (J. LACAN. Encore).

  « …Un secteur important de notre ambiance politique actuelle est fait d’authentique rationalisme morbide. L’hypothèse d’une logique schizophrénique collective (réifiéé, anti-dialectique et égocentrique) nous fait mieux comprendre la signification d’un certain malaise logique existant indiscutablement dans la civilisation contemporaine. (Joseph GABEL. La réification).

  « Le signifiant n’est symbole que d’une absence ». (J.LACAN. Ecrits).

 .

 

Des questions, nées de la lecture de mon écrit : « Crimes contre la subjectivité, crimes contre la féminité… », m’amènent à apporter les clarifications et les explicitations suivantes :

Si la notion de « surmusulman » (F. BENSLAMA) s’intègre à une typologie, elle implique nécessairement –même implicitement- les catégories de « musulman » et de « sousmusulman », qu’il s’agit alors de spécifier. Comment dès lors caractériser ces deux dernières, d’autant qu’elles serviraient à confirmer la première ?

Le « surmusulman » doit être tellement sur qu’il en devient aigre, voire acide, du fait non pas du corpus musulman, mais de son adhésion aveugle à une lecture univoque, qui bannit la signifiance contenue dans le Coran. (La version définitive du Livre sacré a pris beaucoup de temps après la mort du prophète. Elle a fait couler beaucoup d’encre et de sang. Cf. Alfred-Louis de PREMARE : « Les fondations de l’ : entre écriture et histoire ». Points-Histoire).

Son « aigreur », causée par sa propre , dont il ne peut se débarrasser, s’accompagne d’un ressentiment, parce que même en se muant en « surmusulman », il n’est pas si sûr que çà de son infatuation, aussi vertigineuse soit-elle. Sa « radicalisation » est présentée par maints « experts » du freudisme vulgaire, comme révélatrice du totalitarisme consubstantiel au monothéisme islamique, qui peut inspirer maintes idéologies, dont l’objectif vise à éradiquer la signifiance en s’imposant comme l’incarnation et la substantialisation d’une signification univoque et totalitaire, démentie par la persistance du fondement signifiant de l’Islam, et de son potentiel polysémique.

Mais la « psychose sociale » aidant, nous voilà face à ce genre de misérable ineptie que la psychologie nous réserve en tant que complément « scientifique » de l’idéologie dominante, d’autant plus qu’elle s’empare et se pare de concepts psychanalytiques qu’elle corrompt en les déliant de leur articulation dialectique. Ce type de taxinomie psychologique ne souffre d’aucune façon la logique moebienne inhérente à l’inconscient. Il fait écho à tous ceux qui refusent violemment la sujétion à l’ordre symbolique et préfèrent ériger un solipsisme ontologique, à l’image de ce que leur suggère des monarchies féodales et esclavagistes, dont l’ « occi(re)dentalisation » est célébrée régulièrement par les puissances maîtresses de la planète.

Le prédicat de « musulman », quelles qu’en soient les variantes typologiques, vise à dissimuler un projet totalitaire de réalisation de soi, conforme à la domination de la réification, liée à la « psychose sociale ». Le recours utilitariste à Dieu bafoue la signification profonde que lui confère le monothéisme islamique. Ainsi, en quoi ledit «  surmusulman » est-il musulman, s’il pervertit l’unicité absolue de Dieu et son statut d’exception irrévocable  (« Il n’y a pas d’autres dieux que Dieu. Et Mohammed est son envoyé ») ? En soumettant Dieu à son impératif de jouissance totalitaire, alors que son existence est subordonnée au respect de son absoluité, « l’idolêtre » mercenaire refuse la jouissance qui procède du manque à être, dont Dieu témoigne, en raison même de son statut d’exception.

En défaisant la pulsion de mort qui procède de la dépendance de l’ordre symbolique afin de promouvoir la déconstruction nécessaire à l’existence, les nihilistes totalitaires se condamnent à mort pour éviter d’exister et d’avoir affaire à leur désir et à sa loi. Plutôt mourir en emportant l’illusion de la complétude qu’être confronté au retour du refoulé et à la faille de la méconnaissance, qui perd ses moyens de consolidation au sein de l’idéologie totalitaire.

L’impossibilité de l’éradication de l’inconscient s’impose finalement à eux. A ceux qui les combattent sérieusement d’en prendre la mesure, dans un monde qui promet, par la puissance si besoin, d’en finir avec le vide, congruent du défaut de rapport sexuel, et ce, malgré toutes les catastrophes survenues du fait de la méconnaissance qui le frappe.

Le nihilisme, dissimulé et conforté par une théorie religieuse univoque et tyrannique, tend à imposer le refus de l’ex nihilo pour que le vide (nom de Dieu) soit obturé (dieu=bouche trou) et cesse de mettre en œuvre « l’énergie » (libido) de ce qui échappe et qui assure un « plus de jouir », fondé sur une perte d’être définitive et irréversible. De cette perte doit advenir le désir, qui instaure des relations objectales, toujours marquées du sceau du ratage en tant qu’il met en valeur l’échappement et le décalage, aussi incessants qu’enrichissants.

Mettre en avant le nihilisme totalitaire et despotique de ceux qui s’emparent du prédicat de « pur musulman » pour se l’attribuer à des fins d’adaptation à la psychose sociale, revient à les remettre à leur véritable place, celle de mercenaires, se donnant aux plus offrants pour que leurs illusions ontologiques mettent à bas l’ordre symbolique et l’incomplétude qui le spécifie.

C’est ainsi à mon avis, qu’il est possible de se mettre au niveau des problématiques contenues dans ces symptômes, et de les expliciter en les formulant autrement qu’en termes idéologiques, exclusifs du signifiant. Aussi, dès lors qu’un énoncé ne respecte ni ne restitue le nouage borroméen des dimensions qui le constituent –même s’il évoque la de façon « cosmétique »- versera inévitablement dans l’idéologie, qui refuse qu’un signifiant ne puisse pas se signifier lui-même, et partant qu’en l’absence de signifié, les rapports entre l’antécédence et les conséquences s’en trouvent subvertis.

C’est sur de telles bases que la subversion signifiante peut déjouer le pervertissement prédicatif quel qu’il soit, lequel consiste à essentialiser la subjectivité pour l’épurer de son imprédicativité fondamentale et transcendante.

Ce nihilisme exclusif de l’ex nihilo, relève malgré tout d’une position subjective, qui présente la particularité de nier ou de démentir l’inconscient, et partant d’accélérer elle même le retour en force de ce qu’elle prétendait vaincre par le refoulement et par l’adaptation à la réification « psychotisante », imposée au monde par le capitalisme mondialisé, qui fait toujours miroiter –par l’objectivation et la chosification- la libération et la fin de ce défaut de rapport sexuel. Confondu avec les injustices sociales de plus en plus criantes, contre lesquelles il faut des théories et des instruments conceptuels acérés pour les résoudre, ce défaut structural est délié de la dimension de l’impossible et conduit à des règlements de comptes aveugles et illégitimes. L’adhésion et la conversion au nihilisme totalitaire, enveloppé dans des théories « islamistes », mettant à disposition un prédicat – celui de musulman- dont la polysémie est exclue, traduisent en fait un projet ontologique qui rompt avec ce « rapport d’exclusion interne » (LACAN), qui articule le sujet à l’objet. Cette rupture s’avère en fin de compte, illusoire : sa vanité ressortit à la structure, quelles que soient les fausses imputations, désignant des ennemis et autres coupables, incarnant la mise en faillite –injuste- d’un tel projet.

Tuer sauvagement, violemment des personnes, identifiées comme les représentantes de l’obstacle majeur à la réalisation d’un projet mégalomaniaque, laisse croire qu’on opère directement et de manière virile sur les causes des injustices sociales, qui sont en vérité aggravées et opacifiées par les méfaits de tels mercenaires, indignes de parler au nom de  « damnés de la terre ». Les raisons majeures de celles-ci, liées au système d’exploitation capitaliste, sont déplacées et détournées au profit de ce dernier, qui fournit des idéologies « clé en main », prêtes à l’usage pour perdurer et consolider une réification mortifère pour la subjectivité. Ainsi, la signification de Dieu lui même est pervertie :elle cesse de renvoyer et de mettre en évidence la dimension du réel comme impossible, en tant qu’ elle ressortit à la structure et détient de ce fait, un caractère indépassable. Le réel, parce qu’il échappe et demeure inaccessible, malgré toutes les prouesses des idéologies « hommosexuelles », représente l’hétérogénéité qui devient une impureté d’autant plus insupportable qu’elle met au jour l’altérité de chacun et de tous, en tant qu’êtres parlants, en butte à la vérité que la structure signifiante commande de « mi-dire », toujours et de tout temps.

Le pervertissement d’un attribut, en l’occurrence celui de musulman –qu’il soit « sur » ou « sous »-, consiste à lui conférer une signification univoque qui exclut toute référence à la signifiance, contre laquelle une haine sans nom est développée.

Celle-ci est alors imputée à tout ce qui altère une pureté ontologico-identitaire mégalomaniaque. Elle est projetée sur tout ce qui peut représente la différence, l’altérité, désormais incarnée par des ennemis objectivés, qui permettent de refuser de savoir qu’une telle prédicativité « absolutisée » ne saurait exclure l’imprédicativité, inhérente à la signifiance, et qui lui donne sa raison d’être. Décider de mettre fin à la dépendance de l’imprédicativité en éliminant tous ceux qui sont désignés comme ennemis, empêchant d’atteindre cette prédicativité absolue, ne peut se faire sans le ravalement réificateur de Dieu, dont la valeur d’usage consiste à légitimer et à justifier une complétude ontologique, qui n’appartient qu’à lui seul, et qui échappe irrémédiablement à tout être parlant. D’où l’effort (djihad) demandé aux , qui se reconnaissent dans ce défaut et qui acceptent cette humilité, en tant qu’elle renvoie à l’interdit structural, propre à la structure subjective. Les tueurs d’Allah sont ceux qui éliminent en son nom et ceux qui le mettent à bas en l’usurpant  déloyalement. Ils sont les mêmes que ceux qui combattent pour éliminer son unicité exceptionnelle. Alors que parmi les premiers versets, révélés par Dieu au Prophète, par l’entremise de l’Archange GABRIEL, il en est un qui incite à lire :(« Lis au Nom de Ton Seigneur qui a créé ! Il a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis ! Car Ton Seigneur est le Très-Généreux qui a instruit l’homme au moyen d’un calame (instrument d’écriture) et lui a enseigné ce qu’il ignorait » (S.96-V.1à5 –trad. Maurice GLOTON).

Le pervertissement de la prédicativité par des mercenaires de la réification et de la « psychose sociale » s’intègre à la passion d’ignorer l’imprédicativité, qui se « collectivise » à merveille grâce aux efforts de la doxa, qui a tendance à imposer une universalité conçue comme en soi, préétabli et substantialisé, bien conforme aux objectifs de l’ « occi(re)dentalisation » capitaliste de la planète.

La haine vouée au signifiant et à ce qu’il interdit radicalement est reportée sur tout ce qui peut rappeler l’altérité, et partant l’imprédicativité en tant qu’elle bat en brèche les ineptes tautologies identitaires, émises au nom d’un Dieu réifié et objectivé, dénié en tant qu’il instaure, par son insaisissabilité même, le fondement signifiant de toute réalité.

Ces mercenaires, violeurs de la lettre et de la Loi, ne sont que des esclaves asservis à des féodalités dominantes, dont la toute puissance et la violence servent à faire semblant de lutter contre des inégalités socio-économiques, pour mieux masquer leur hostilité au signifiant et à ses conséquences. Avilis par une lâcheté à l’égard de Dieu, et par une servilité à l’endroit de très puissantes féodalités « occidentalo-orientales », ils contribuent au détournement et à l’opacification des problèmes économiques et politiques capitaux, qui malmènent le monde. Idolâtres de l’ontologie et de la prédicativité totalitaires, ils continueront à éliminer tout ce qui ressortit à l’altérité et à la division subjective, avec le concours explicite et implicite de tous ceux qui ne souffrent pas l’imprédicativité. Mais ils échoueront à maîtriser le ratage en tant qu’il procède du vide sur lequel ils ne peuvent pas faire main basse, et qui plus est, rend l’être définitivement inaccessible. L’agressivité qu’un tel échec pourra engendrer, risque de multiplier les meurtres. Mais elle poussera aussi bien à l’autodestruction, qui restera comme l’acte ultime de l’affirmation de l’ idolêtrie convoitée. Il s’agit en fait d’une entreprise suicidaire car toute idolêtrie ne peut contrevenir à l’échappement du signifié, lequel commande qu’aucun signifiant ne peut se signifier lui-même, à l’unique exception de Dieu, qui échappe totalement parce que Lui seul, est.

Aussi est-il perverti, réifié et fétichisé pour se voir transformé en valeur marchande, dont la valeur d’usage consiste à soutenir une prédicativité vaine. Le fondement signifiant, toujours à l’œuvre, finit par avoir raison des illusions surmoïques perverses. L’addition et l’accumulation d’attributs n’épuisent pas le manque à être, nécessaire au sujet. Bien plus, ce sont ces mêmes attributs qui mettent au jour ce manque à être, qui détermine le ratage de la convoitise ontologique et met en évidence l’imprédicativité, dont la radicalité est propre à la structure subjective et à l’aliénation symbolique. La soumission à cette structure et à l’interdit qui la rend rétive à toute« dhommestication», même en s’appropriant Dieu, ne disparaît qu’avec la mort, devenue la seule libératrice de l’invincible dépendance du signifiant.

Ainsi, Dieu fait triompher le signifiant en faisant échec à l’idolêtrie de ceux qui tentent de le réifier pour se soustraire et vaincre l’interdit imposé par l’ordre symbolique. La féminité induite par le défaut indépassable du rapport sexuel est insoutenable et intenable pour tous les tenants de cette idolêtrie, qui correspond en dernière instance à la transgression de l’interdit de l’inceste.

Hommes et femmes, disposées à contester et à rejeter le signifiant en tant qu’il « matérialise l’instance de la mort » (LACAN. Ecrits) et libère de la réification et de l’objectivation réalistes des choses, sont désormais prêts à se soumettre à une hommosexualité ravageuse, partagée et exhibée ostensiblement de manière hystérique, pour imposer une image qui entretient la confusion et l’ambiguïté avec ce qu’ils croient être. Le manichéisme indigent, suscité par cette sphéricité imaginaire, enferme dans le carcan de la seule logique bilatère qui, lorsque le vide se trouve anéanti, débouche immanquablement sur un nihilisme meurtrier et autodestructeur (Mort du sujet plutôt que celle de l’être qui permet l’ « ex-sistence »). Le sacrifice de son existence revient en fait à mettre fin au désir, qui témoigne de la condition insupportable de dupe de l’inconscient. Un tel acte d’asservissement aux « dieux obscurs » (LACAN) représente le refus irrépressible de la fatalité du ratage de l’être, qu’aucun prédicat ne saurait compléter, au risque d’ « achever » l’existence subjective, qui procède de sa négation.

Le caractère impérieux du culte que les « idolêtres » vouent à leur moi, les amène à ravaler Dieu au rang d’instrument, mis au service de leu hypertrophie moïque et de leur projet pervers de complétude ontologique. Ils le bannissent de son unicité qui leur fait radicalement défaut, et dont ils sont fondamentalement privés. Ce défaut est pourtant significatif, non pas d’une humiliation, mais d’une humilité, qui ne ressortit en rien à des références morales, mais procède de la structure subjective et de l’éthique qu’elle détermine. Le pervertissement de Dieu, son appropriation et son exploitation n’empêchent d’aucune façon son échappement, qui fait échec à l’infatuation, aggravée par une réification se faisant passer pour la modernité.

Cette réification forcenée s’intègre à une modernité qui fait prévaloir le fétichisme objectal et objectif en vue de purifier et d’épurer le monde de toute altérité, qui s’avère menaçante pour l’infatuation des moi, identifiés les uns aux autres pour mieux se libérer de la féminité en tant qu’elle confirme l’imprédicativité, congruente du signifiant.

Et c’est l’assomption de cette féminité, corrélative de la fonction paternelle, qui « désaliène socialement » et confirme la condition de dupe de la négation, à l’œuvre dans l’inconscient. Elle a pour avantage de lever les confusions entretenues par des charlatans du freudisme universitaire, entre féminisme essentialiste et position féminine dans la structure, laquelle répond au Père (freudien), via la présentification de son absence, par l’articulation dialectique entre la contingence et la nécessité, selon le principe logique essentiel : jamais l’une sans l’autre ! Le féminisme, idéologie rejoignant la réification et l’ « hommosexualité » dominantes, développe bien des formes de méconnaissance et de refoulement de la structure subjective, pour rejeter l’inconscient et permettre à la perversion de supplanter la « Père-version », qui n’a rien à voir avec la domination patriarcale.

Etre dupe de l’inconscient, consiste à se départir de la naïveté, alliée à la « belle âme » qui aspire à une prédicativité, libérée de tout lien avec la signifiance, préférant la morale et les impératifs sociaux à l’éthique induite par le signifiant. Les différentes formes de revanche sur la castration symbolique, confondue avec les inégalités socio-économiques, ferment l’accès au « plus de jouir » (LACAN), en tant qu’il procède de l’évidement des prédicativités et parvient à les excéder, tout en confirmant l’advenue de la négation, constitutive de l’imprédicativité, fondée sur le vide, dont elle représente l’assise définitive.

La fureur de l’infatuation et de la souveraineté moïques nourrit la confusion entre la lutte contre les inégalités sociales et l’affranchissement de la castration symbolique. Comment dès lors s’appuyer sur l’idéologie dominante, qui alimente et renforce les conceptions bilatères à travers son appareillage institutionnel, notamment universitaire, et participe activement à cette confusion en promouvant son chœur de larbins supplétifs, d’autant plus reconnus qu’ils sont préposés à la production de théories, qui servent à consolider –sous prétexte de savoir-la méconnaissance des causes, en jeu dans les aliénations sociale et symbolique ?

Ainsi, invoquer la sécularisation de l’Islam pour montrer qu’il est adaptable à la modernité, est dépassé : prenant part à une réification mondiale commandée par le capitalisme, il a déjà montré qu’il est apte, en tant qu’idéologie religieuse, à devenir un recours contre des inégalités sociales et économiques, dont les raisons et les causes sont, grâce à lui, sans cesse dissimulées, et par là même aggravées.

La confusion et l’amalgame entre les limites, imposées par la castration symbolique, les entraves et abus de pouvoir draconiens liés à l’exploitation capitaliste de la planète, sont encouragés pour légitimer la violence des pouvoirs d’Etat, « métamorphosés » en protecteurs de populations, soumises par ailleurs aux terribles prédations d’un système économique et politique, dont l’anachronisme a du mal à être mis en évidence, du fait même de cette confusion.

Face aux mercenaires baptisés « surmusulmans », « acidifiés » par leur « syndrome réificationnel » et « atomisés » (J.GABEL) par le sacrifice de leur désir, il revient à ceux qu’on peut appeler -par opposition à ces derniers- les « sousmusulmans » (en caricaturant la typologie psychologique proposée par F. BENSLAMA) de proposer, au prix d’une humilité certaine face à Dieu (« Le plus grand ») , et au prix de quelques efforts, des répliques dignes d’un entendement aussi « enivrant » que celui d’un IBN ‘ARABI (12ème/13ème siècle), et de son « Traité de l’amour » :

« Les raisons de l’amour

Me revêtent de leur essence,

De l’habit des contraires

Tels le présent et l’absent…

.

J’ai aimé mon être essentiel

De cet amour que l’Un a pour le Deux !

L’amour ainsi engendré

Est naturel et spirituel.

Mais il est aussi amour divin ».

Participer à ces efforts, à partir du lien social promu par le discours analytique, consiste à évider toute prédicativité en mettant en œuvre la négation que propose le signifiant, et qui donne lieu à un énoncé, dont la nouvelle prédicativité intègre désormais ce qu’elle refoulait auparavant, à savoir le vide qu’elle tentait en vain d’obturer, au détriment de la vérité, inexorablement « mi-dite », en tant qu’elle consacre, voire « sacralise » l’échappement, dont la radicalité préserve de toute prétention à la totalité et au totalitarisme, apanage d’idéologies religieuses et/ou athées, qui ne veulent pas de Dieu comme métaphore de la signifiance, afin de se libérer –en vain- de la sujétion signifiante, pourtant si évidente.

Un des enjeux majeurs de la psychanalyse consiste à formuler une problématique à partir de « la mise à plat » des différents éléments et dimensions qui sont censés la constituer, sans « mettre à plat » la logique moebienne que requiert leur articulation, et sans se laisser prendre dans le flot des « platitudes » que nous livre l’idéologie dominante, dans laquelle la psychologie -avec toutes ses variantes- tient une place de choix.

Amîn HADJ MOURI

15/06/16