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REFLEXIONS A « BATONS ROMPUS »

                              LE COVID-19 : « LA BELLE AUBAINE » POUR LE CAPITALISME  DE PERSEVERER DANS LA MISE A MORT DE   « L’ETERNEL  FEMININ ».

 

Au fil des jours de ce confinement, et à la suite des informations que les médias déversent jusqu’à l’écoeurement, me sont venues ces réflexions. Je les livre « en vrac », sans les accompagner d’une analyse très approfondie, même si j’apporte quelques étayages ici ou là. Elles ont pour but d’ouvrir un débat qui pourra peut-être favoriser, en cette période difficile, les échanges, et partant aider à l’affinement des analyses et à la précision des positions subjectives, qui sont toujours politiques.

L’épidémie dramatique que nous vivons est un effet plus ou moins lointain, indirect des choix politiques qui déterminent le mode de gestion hégémonique et monopolistique des ressources matérielles et « humaines » de la planète. Les sens divers, voire opposés qui lui sont attribués, lui donnent des orientations et des significations différentes, éminemment politiques. Ces sens sont issus de conceptions et de théories de la santé en général, et de la santé publique en particulier. Ils surdéterminent le savoir médico-scientifique qui est censé la concerner au premier chef. (cf. L’interview dans Le Monde (11/04/20) de William DAB, ancien Directeur général de la santé).

S’il s’agit avant tout de sauver des vies, une priorité demeure de manière constante, et se profile derrière toutes les déclarations des « autorités »: celle qui consiste à montrer que ce système redouble d’efforts pour faire oublier ses funestes projets économiques et sociaux, toujours en vigueur, et qui se concrétisent à travers la pénurie des masques et des matériels adéquats pour les soignants. Son principal souci est de se maintenir en  déplorant les morts causées par plus fort que lui, mais qu’il a combattu vaillamment aux côtés de conseillers, dont le savoir s’est avéré incapable de le terrasser. Il faut le sauver pour le récompenser : il faut le soutenir et le renforcer parce qu’il a consenti des efforts incommensurables qui l’ont apparemment éloigné de ses objectifs primordiaux et tenaces, à savoir « affiner » l’exploitation des corps et l’augmenter sans fin les profits et  la plus value pour le compte d’une minorité, tellement infatuée qu’elle finit comme  « la grenouille » de la fable de La FONTAINE : « La grenouille qui veut se  faire aussi grosse que le bœuf ».

Le capitalisme, illustré par un de ses préceptes fétiches : « time is money »,  est une affaire de temps : le temps de travail a toujours été un motif de luttes sociales dans le sens où la plus value procède de la part de temps de travail, spoliée par les « usuriers » de la force de travail. Augmenter le temps de travail ou empêcher sa diminution a toujours été le mot d’ordre de tous les capitalistes à travers le monde, qui ne connaissent que le temps chronologique. Le sens univoque donné à ce dernier est déterminé par l’incessant accroissement de la plus value, (baptisée croissance par les économistes asservis) qui nourrit  cette incroyable illusion : offrir le pouvoir de maîtriser ce temps qui échappe et transcende celui qui se matérialise par l’argent fétichisé et accumulé. Ce temps correspond à la répétition et au déploiement incessant  du vide (continuité) qui se manifeste à travers de multiples expressions permettant ses saisies momentanées (discontinuité). Il représente en quelque sorte la matrice du temps chronologique. Aussi, à ce titre, porte-t-il le nom de « l’éternel féminin » qui métaphorise aussi bien  le « non rapport ». « L’éternel féminin » fonde  l’Histoire et la détermine en la représentant sous forme d’une suite de périodes heureuses et malheureuses, en lien avec  la place qui lui est accordée. Cette place dépend de l’importance des discours en jeu dans les rapports sociaux.

 Par son fétichisme exacerbé, qui peut le mener à exterminer et à justifier ses exactions, le capitalisme bafoue le sujet et la féminité en tant qu’elle nomme la négation constitutive de la subjectivité. Et comme le temps chronologique qui scande l’Histoire, est noué à cette temporalité inhérente à la structure, toutes les idéologies qui croient à un sens « naturellement » prédéterminé à l’évolution, en sont pour leurs frais. Celles qui affectent à la classe ouvrière une essence révolutionnaire, n’ont pas fini de se bercer d’illusions et se gaver de déceptions. Elles continuent, malgré les revers subis, à nier « l’éternel féminin », même si elles arborent de façon plus ou moins spectaculaire leur féminisme.

 

Ces réflexions font suite au petit billet que j’avais proposé lors de la déclaration de « guerre » lancée par le Chef de l’Etat contre le coronavirus. Cette épidémie va être une aubaine inespérée pour ensauvager davantage le capitalisme, le rendre encore plus féroce contre tous ceux qui, victimes ou non du coronavirus, ont déjoué ses pronostics et mis à mal ses projets, qu’il va devoir remettre au goût du jour pour les imposer comme nécessaires à la « nouvelle vie ». Le « malthusianisme » de cette épidémie qui frappe prioritairement ceux et celles qui sont déjà victimes des inégalités économiques et sociales, va s’amplifier et aggraver celles-ci pour permettre au système, non seulement de survivre, mais surtout de se consolider davantage. Ce projet essentiel sera bien entendu « drapé » dans l’enveloppe émotionnelle et compassionnelle de rigueur, assortie des arguments idéologiques convenus et convenables, produits par des spécialistes de  nombreuses sciences, mises à la disposition du pouvoir politique en vue de « ressourcer » le système en rhétorique et en « éléments de langage », frappés du label humaniste, dont l’ambiguïté se voit refoulée par les expressions émotionnelles et affectives. Les responsabilités, propres à tous ceux qui détiennent un pouvoir, vont se diluer dans les effusions compassionnelles. Ainsi, identifiés à ceux qui se sont sacrifiés pour sauver les « sacrifiés » du système, ils seront exonérés et continueront de plus belle à renforcer ce dernier. Les charlatans et autres « psys-curetons » apportent leur savoir de pacotille et l’utilisent comme un « goupillon humaniste », pour mieux enténébrer l’intelligence d’une situation, qu’ils ne peuvent lire qu’à la lumière d’un discours bilatère, peu regardant des dimensions qu’elle  implique.

Il y a le précédent de la canicule du mois d’Août 2013 : les milliers de morts causés  par cet accident climatique n’ont pas dissuadé les cyniques et les pervers de différentes obédiences idéologiques et politiques, de programmer et d’orchestrer la casse de l’hôpital public tout en portant atteinte aux protections collectives. Au nom de la modernité, le discours médical –représenté  notamment par des mandarins acquis aux sornettes de la liberté individuelle et de l’infatuation moïque-  a plus ou moins contribué à ce démantèlement de l’hôpital public, dissimulé derrière le faux argument de la réduction de la mainmise de l’Etat  sur son fonctionnement. Une bureaucratie, sous les ordres d’une technocratie arrogante et généralement incompétente quant à la fonction soignante, a pris sa revanche sur le corps médical, qui se croyait intouchable, tant la paranoïa normale qui l’unissait et le soudait avec un esprit  « corporatiste » imposant, était forte et reconnue socialement. 

La survie du système est prioritaire et les propos dénégatifs  de ses serfs les plus huppés en témoignent. Leur compassion et leur pitié devant les dégâts de la pandémie leur permettent de mettre en avant des sentiments et des faux semblants imputant au seul virus l’ampleur de la catastrophe. Désigné à la vindicte populaire, il justifie les annonces « guerrières », faites sur un ton martial et ostentatoire. Mais il sert surtout à dissimuler les conséquences désastreuses des politiques de santé, appliquées depuis des décennies. Il remplace –pour un moment- les habituels boucs émissaires qui servent de « dérivatifs » pour masquer les véritables raisons et motivations des « projets de société », concoctés par des experts dont le savoir immense est au service de la méconnaissance de l’exploitation capitaliste. Lutter contre tout ce qui porterait atteinte à la maximisation de la plus value est leur crédo, fondé sur l’immanence d’un ordre naturel justifiant l’exploitation de la force de travail, identifiée au travail qui, dès lors, la légitime. Ils rabâchent ce crédo sur tous les tons en laissant croire que l’accumulation des profits est nécessaire, et finira  par « ruisseler » un jour sur ceux et celles  qui  ont de plus en plus de mal à  vivre, alors que leur marge de manœuvre se réduit de plus en plus. L’inconséquence des politiques socialistes a participé grandement au pervertissement des revendications des salariés, que l’extrême-droite s’approprie sans vergogne pour rendre service finalement au capitalisme, en le rendant si besoin plus sauvage  encore (cf. le Brésil et les USA).

 

Si le coronavirus a révélé la vanité de l’infatuation  moïque, soutenue  par le capitalisme et partagée avec lui par un grand nombre d’individus, la victoire à venir sur la pandémie,  risque fort d’engendrer le pire en aggravant les méfaits de ce système économique, social et politique. Ces méfaits, liés à sa politique déterminée et résolue de démantèlement du système de santé, vont être oubliés derrière les hommages rendus aux différents soignants. Les « médailles en chocolat » que ces derniers recevront,  serviront à les « gonfler narcissiquement » pour les « assouplir » ensuite, afin qu’ils prennent part et deviennent les instruments dociles d’une politique de casse qui   se poursuivra, dans leur dos, et s’accentuera le plus vite possible, avec l’assentiment de certains patrons (hommes et femmes confondus) de la médecine, habitués à parader sur les plateaux de télé, identifiés à des vedettes, voire à des starlettes ou des marionnettes qui se bousculent au portillon des chaînes de télé, vectrices –pour la plupart d’entre elles- de débilté chronique-. Bien entendu, il ne s’agit pas de contester à ces experts leur savoir, ni le défier, mais de s’interroger sur l’usage social et politique qu’ils en font.

Tout est fait pour que le pouvoir et ses affidés parviennent à « faire avaler cette grosse couleuvre » dans le but de perpétuer les bases du système. Ainsi, malgré les défauts manifestes de ce dernier et ses manquements, dus à son organisation même, il va s’agir de marteler et de « matraquer » sans relâche que,  si les soignants et leurs équipes ont pu sauver des vies, c’est bien  grâce aux efforts extraordinaires de ceux qui dirigent les institutions  du pays, et qui leur ont donné tous les moyens pour ce faire. Ils leur ont offert l’occasion de se mettre en évidence et de montrer leurs compétences au service des malades. Ainsi, si des vies ont été sauvées, on le doit au  système mis en place par  ces dirigeants lucides et clairvoyants, aidés, qui plus est par des sommités médicales, à la traîne et à la solde du pouvoir. Ne serait ce que pour cela, ce système doit être sauvé coûte que coûte ! Même si ses serfs actuels ont « fait le job » comme ils disent, et qu’ils se voient injustement discrédités par des ingrats. Même si un jour la supercherie et le cynisme de ces hommes et femmes de pouvoir, viendront au jour,   d’autres –comme eux, sinon pires- les remplaceront  et  prendront leur revanche, pour compenser en fin de compte les lésions de leur emblématique paranoïa.

 Sauver des vies devient l’équivalent du sauvetage du système, compte tenu de tout ce  qu’il a consenti comme efforts financiers pour offrir les moyens de survivre au virus. Les projets qu’il cache, et qu’il va dévoiler opportunément, (cf. les déclarations du « patron » de l’ARS du Grand Est qui lui ont valu son limogeage, alors que son acte manqué, qu’il soit serviteur zélé ou non du pouvoir,  n’a fait que confirmer l’application prévue des projets de pénurie et de précarisation, déjà « bouclés » par sa tutelle) visent exclusivement le démantèlement de tout ce qui permet de vivre plus ou moins décemment, et qui mettrait en  cause la thésaurisation de la plus value. La prétendue neutralité de l’Etat en tant qu’instance tierce est manifestement démentie par ceux et celles qui mettent entre les mains des passionnés de la plus value et de l’ignorance les appareils dont il a la responsabilité. Il faudra seulement attendre les « bons moments » pour légitimer et légaliser les funestes projets qui s’appliqueront, violemment si besoin, puisqu’ils visent le bien commun.

Le capitalisme détermine un lien social qui influence les choix personnels et masque leurs articulations avec la condition d’êtres parlants, méconnue en raison de l’aliénation sociale qui dévalorise la subjectivité. Toujours est-il que ces choix, toujours guidés et dictés par des discours, rendent finalement compte de positions subjectives, c’est à dire de la manière dont chaque être parlant tient compte de la négation qui le fait sujet, et dont il ne veut rien savoir, surtout parce qu’elle établit une unité sur une division inaltérable et indépassable, quelle que soit l’infatuation qui lui  est opposée comme parade.

 

La négation est indissociable du signifiant qui l’implique nécessairement dans la production de n’importe quel énoncé. Tout propos en dépend et concrétise sa structure et sa logique. Si cette négation induit le « chaos » dans le moi et sa raison, c’est  pour mieux mettre en évidence la signifiance, qui n’a rien à voir avec l’anarchie en tant qu’elle représente elle aussi, une tentative de contourner et de contrevenir à la dépendance du signifiant. La lettre est libératrice des illusions libertaires de complétude et  de plénitude, auxquelles sont attachés les tenants du discours hystérique, dont la révolution consiste à faire un tour pour revenir au même point. Le choix d’un discours qui refuse la dialectique entre continuité et discontinuité, concrétisé par les rapports noués entre métaphores et métonymie, se reconnaît chez de nombreux « aménageurs » du capitalisme : ils dénoncent ses excès, mais ne remettent pas en cause le système d’exploitation qui le spécifie, sous peine de passer pour des ennemis de la factice  liberté d’entreprendre. (cf. le débat entre THOMAS PICKETTY et FREDERIC LORDON, organisé par « Les amis de l’Huma » dans lequel celui-ci considère que l’instauration d’une fiscalité plus juste,  mettant à contribution les grandes puissances financières, ne signifie pas pour autant la remise en cause des inégalités inhérentes au marché et au système d’exploitation qu’il organise. Ou bien Daniel COHEN et ses « enfantillages » sur l’essor du capitalisme numérique et du télétravail, de la téléconsultation médicale etc…  qui vont prendre le pas, après l’épidémie, sur les activités traditionnelles).  proposent que la plus value, issue de l’exploitation la plus féroce de la force de travail, ne soit pas monopolisée par une minorité  de « charognards », mais qu’elle soit plus charitablement, et plus également répartie entre ceux et celles qui se « tuent » au travail pour assurer leur propre survie et celle des leurs, et qu’il faut donc mieux payer et mieux récompenser, tant leurs sacrifices correspondent à leur acceptation et à leur adaptation au marché, garant « naturel » de leur « liberté » et de leur épanouissement individuel. Ainsi se faire exploiter, et surtout accepter l’exploitation, au besoin par la violence -légitimée et légalisée par les Etats- devient la définition quasi naturelle du travail. En pleine épidémie, alors que les Etats s’engagent à payer la mise au chômage partiel de milliers, voire de millions de salariés, des entreprises comme BMW, Mercedes et Volkswagen décident de verser des millions d’euros de dividendes à leurs actionnaires, au titre des milliards de bénéfices accumulés en 2019.

 Cette « naturalisation » de l’exploitation est consolidée par des idéologies qui font flores dans les sociétés « évoluées » et « modernes ». Elles sont ensuite colportées avec le label scientifique dans les sociétés sous-développées, par des contrebandiers qui tirent profit des deux côtés de la frontière, sous prétexte d’apporter à ces dernières le nec plus ultra de la modernité.

 Depuis que la social-démocratie et ses différentes « déclinaisons » « réalistes », nous serinent sa sérénade, il est grand temps de se rendre compte de la supercherie  et du guet apens qu’elle organise subrepticement, en mettant à chaque fois en avant la menace de  perdre sa « liberté »,  exploitant l‘escroquerie  intellectuelle, non éculée malgré son usage abusif,  qui consiste à identifier l’URSS et ses « satellites » au communisme. Le règne de la débilité (hégémonie du bilatère) est dès lors à son apogée, d’autant plus qu’il s’avère confortable pour une bonne majorité des classes dites moyennes, composée de la petite bourgeoisie citadine et « intellectuelle », obsédée par l’infatuation individualiste exacerbée que défendent ses idéologues et autres laudateurs, parmi lesquels de nombreux psys ont la part belle. Ces derniers devenus des experts en conversions idéologiques contribuent au renforcement du lien social que le capitalisme impose. Ils dégradent en même temps le discours analytique, qu’ils usurpent effrontément en organisant des regroupements, dont le nombre « panurgique » fait office de vérité.

Travailler signifie désormais de manière univoque et naturelle qu’on est utilisable, malléable et corvéable à  merci pour gagner le droit de vivre ou de survivre. (Cf. l’histoire des mineurs en France et leurs luttes contre les différents modes d’exploitation qu’ils ont connus, malgré quelques victoires éphémères). La décadence du capitalisme favorise la médiocrité et encourage les incompétences qui se mettent servilement à son service, d’autant plus qu’il les gratifie de sa reconnaissance et de ses récompenses sociales. L’accumulation du savoir idéologique, comme celle de la plus value, se renforcent mutuellement pour mieux entraver les possibilités de passage du bilatère à l’unilatère, notamment lors de crises sociales, qui peuvent les précipiter. Tout est fait pour que ce savoir se mette en branle et empêche, parfois violemment, l’émergence de lectures nouvelles, fondées sur un autre entendement.

La débilité généralisée s’accouple à «  l’hommosexualité » paranoïaque, et aggrave le malaise en « enfumant » de plus en plus ses ressorts. Ainsi, tout accès à la signifiance paraît impossible : il ne point d’une telle situation que la révolte, mue par le discours hystérique, qui se pare d’oripeaux révolutionnaires, rapidement décevants tant les réactions qu’ils suscitent s’avèrent non seulement vaines, mais renforçatrices de ce qui était censé être  déconstruit en vue de permettre l’avènement d’une autre raison et d’un autre entendement, c’est à dire une nouvelle intelligence des rapports sociaux. Cette intelligence consiste à battre en brèche les conceptions mystificatrices qui mettent en avant la liberté individuelle non, pour promouvoir la signifiance, concomitante de la subjectivité, mais pour mieux mettre à l’écart le sujet comme négation de l’infatuation moïque. Au refoulement, prôné et encouragé par des théories individualistes solipsistes et vitalistes, vient s’ajouter, à certaines occasions et sous certaines conditions, la répression sociale. Quant à la répression économique liée à l’exploitation des corps sous des formes différentes, elle persiste, perdure et ne cesse  pas de se répandre et de s’accroître sous toutes les latitudes. Elle réussit ce tour de force de laisser accroire que la mondialisation de l’exploitation (dumping social et fiscal, droit du travail malmené…) est le gage infaillible du triomphe de la liberté et de la démocratie, entendues de manière univoque, comme consubstantielles au marché, l’organisateur de la thésaurisation mortifère de la plus value, au profit d’une petite minorité, et au détriment de la vie sur la planète. Les serfs de première classe, au service des puissances financières, auxquelles échoit très souvent la direction des Etats, se chargent de manière paternaliste, et si besoin de façon autoritaire, voire fascisante, d’imposer le capitalisme financier néo-libéral comme la « vérité » suprême, exclusive de toute autre alternative. A charge pour les producteurs de savoirs idéologiques de confirmer et de « bétonner » cette pseudo vérité, qui se targue, par dessus le marché, de faire échec à sa propre détermination signifiante et de s’affranchir de la signifiance. Ainsi, les rangs de tous ceux et de toutes celles qui  sont hostiles à la négation inhérente au sujet, se voient grossir au fur et à mesure que l’intoxication à l’ « hommosexualité » paranoïaque s’aggrave, et donne lieu à des batailles acharnées qui mettent aux prises hommes et femmes, partageant la passion de ce même toxique.

 

Heureusement que les progrès qui scandent l’évolution du savoir, parviennent à mettre en évidence la statut de la vérité, qui révèle en fin de compte qu’elle ne peut être saisie, ni maîtrisée totalement.  L’imprédicativité accompagne  la vérité et met au jour la récursivité. Leur scotomisation par de nombreuses idéologies, dont celles qui identifient les théories psychologico-psychiatriques au discours analytique, met à nu le pervertissement des cures. Dégradées en conceptions idéologiques de toutes sortes, prônant la « liberté » tout en excluant le sujet, ces théories  regroupent au sein de saintes alliances, nombre d’adeptes unis,  identifiés et « soudés » par leur hostilité à « l’a-mur », corrélatif de « l’éternel féminin », que le discours analytique ne cesse de leur opposer invariablement, en déconstruisant leurs théories à partir de la logique signifiante, qu’il promeut, et dont ils ne veulent strictement rien savoir.

                                                                             Amîn HADJ-MOURI

                                                                                         11/04/20

 

 

 

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