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Le mètre étalon et la religion
Dans le cadre de la préparation d'un colloque autour des travaux de , à la lecture de son ouvrage : "L'aveuglante proximité du Réel", j'ai rédigé ce court article.
Il s'agit d'un écrit "à brûle pour point" qui mériterait à être retravaillé, notamment dans le fil d'un échange avec d'autres souhaitant travailler ces questions.
Dans l'ouvrage en question, , philosophe de la physique contemporaine, étudie l'impact des découvertes de la physique quantique sur l'évolution de la pensée des physiciens, notamment : la remise en question des acquis de la science physique dite "classique".

 

Dire d’une religion que c’est la bonne / la vraie est aussi pertinent que de considérer la référence au mètre étalon plus exacte que la référence aux miles .
L’un et l’autre fournissent un point de repère représentationnel du réel.
En définitive, éclairé par la pluralité des options de représentations qui s’offrent à chacun, à l’instar des différentes religions et autres idéologies, force est de constater qu’aucune n’est dans le vrai puisque chacune manque des autres vérités.

Ce que la religion offre de plus évident c’est que la majeure partie de ses adeptes se réfère à la religion de leurs ainés, qui n’ont fait que répéter ce qui leur a été donner de recevoir, voire de subir en terme d’éducation.
L’éducation s’appuyant sur l’amour (maternel) dont dépend le petit d’homme, là où l’animal ne dépend que des outils favorisant sa survie (instinct de survie, instinct nourricier du parent, etc.), il importe de considérer la dimension identificatoire qui impacte chacun. Celle-ci donne un cadre de références et de repères pour agir (pour exister).

L’agir en lui-même n’a d’autres sources qu’une pure indétermination (« béance causale » en psychanalyse), à partir de quoi il faut bien qu’il y en ait au moins un ; d’agir. A partir de ce « un », continue le flot des autres, si tant est que ce « un » comme premier agir aura échappé à celui qui le produit en tant qu’il porte déjà la marque de l’Autre et de tout ce que celle-ci suppose de détermination pré-établie.

La religion, comme l’instrument de mesure, gravés dans l’histoire qu’ils portent et qui les porte, restent indiscutés et pourtant discutables, du fait de leur incidence sur ce qui motive l’agir de chacun… Cet agir-même, dans l’évidence de sa manifestation, interroge la règle ou l’idéologie pré-établie : il arrive un temps où « ça ne colle pas ».

Un temps où une vérité se pointe définitivement singulière. Surgissent des manifestations du Réel qui démentent une vérité alors dépassée.

Ainsi, là où le dogme établi s’appuyait sur une certitude à priori établie tel l’invariant de la science physique, se découvre une manifestation du Réel déconcertante : mettant en défaut ce qui n’était plus discuté.
Si ce n’était plus discuté, c’est qu’il fallait avancer. Avancer dans la mise à l’épreuve de la matière pour améliorer la compréhension de celle-ci.

Aussi, si les religions ont fait loi un temps donné, force aura été de constater qu’avec l’arrivée d’autres courants idéologiques, notamment ceux que l’on dit « scientifiques », elles auront éprouvé de telles confrontations que leurs principes parfois fondateurs ne tiennent plus debout.

Il y a bien des allumés qui croient (et ainsi décroient) devoir entretenir la flamme sur le mode radical orthodoxe, quit à nier certaines de leurs propres entorses au dogme défendu… Il s’agit parfois de justifier l’accomplissement d’interdits fondamentaux par ce que certaines communautés auront décrété comme loi quit à accomplir des meurtres punitifs. Ils se retrouvent alors à tuer au nom du respect de la vie, aussi nommée création divine, à condition que ce divin ne se réfère qu’à un Dieu, le seul ; celui de leur religion.

  – Octobre 2021

 

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