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schématisme Lewien » quant à l’opérateur logique « a »

Compte rendu partiel du « schématisme Lewien » quand à l’opérateur logique « a »dans le cadre de mon intervention en cartel

 

RL nous invite à un « schématisme » du signifiant, le sien ici, qui se fonde sur une somme considérable de lectures, de connaissances, d’applications logiques etc.
Il existe une logique du signifiant à la base même de la notion de sujet, notion qui me semble bien « revivifiée » hors substantification ou signification « en soi »…

Je pense pouvoir dire que plusieurs logiques sont ici à l’oeuvre, comme dans tout discours, mais que RL tient la logique imprédicative liée au signifiant comme équivalente en psychanalyse au saut « mythique » du théorème de Gödel de 1931. Dans sa présentation en effet, ce théorème
« d’incomplétude » bouleverse la question du fondement des mathématiques aussi bien qu’ici la « praxicité » celle des notions d’existence dans le champ de la « psyché » (Je vois ici la psyché comme une étendue).

Sous la gouverne d’une telle « refondation » logique, RL réouvrent des champs de la parole au point d’une énonciation tel que celle ci: « Un signifiant spécifie une fonction en action! »

Cette fonction est avant tout d’hypothèse si on ne la veut pas « hypnotique », c’est moi qui le rajoute. Soit un signifiant qui n’opère que par hypothèse, ne serait que pour, rétroactivement, justifier le lieu de sa propre énonciation en tant que ce lieu lui échappe comme l’intentionnalité qui la construit…

De la réversion entre « conséquent » et « antécédent » procède la récursivité de la signifiance

RL aboutit à l’opposition entre « prédicativité politique » et « récursivité » de l’inconscient (ce que j’illustre pour ma part comme la subjectivité élevée à l’acte politique en lieu et place d’un matérialisme du discours du Maître, productivisme, non plus d’une signifiante mais d’objets
« a » (réel/imaginaire) qui s’élèvent « artificiellement (via la fonction symbolique masquée) comme pour renforcer le sommeil et l’illusion)…

 

Pour Lacan, 1959/60: = S(A) barré —-> 1963: = « a »

L’objet « a » pour RL conserve sa part « d’ » contrairement à la croyance commune qui fonde toute idéologie à partir d’un « jugement d’attribution » qui consiste à habiller l’objet en le « substantivant ». Ainsi la psychanalyse elle même peut être prise comme objet et comme objet avoir à s’exposer à toutes les tentatives voire à toutes les tentations prédicatives. Si certaines « théories, approches, entendements s’accordent à se tenir à l’ comme une fonction « réelle » qui les constituent comme hypothèses, d’autres en revanche trop nombreuses, tombent malheureusement dans le travers de la substantification. C’est ainsi que dans leur déploiement logique, un retour « psychologisant est inévitable qui caractérise trop souvent une dénégation voire un déni même de la structure de l’inconscient. (voir articles d’Amin Hadj-Mouri à ce sujet).

En se soutenant de l’ de l’objet (et comment en serait il autrement au regard de la structure toute « non entière (fig de Boy) » on soutiendra donc d’autant mieux l’a-sphéricité de l’objet mathématique que l’unarité Moebienne conçoit et dénoncera « localement » la facticité des psychologismes patentés…

C’est ainsi que des interlocuteurs quelconques sont déjà eux mêmes « sans savoir ce qu’ils disent » et peuvent de ce fait être rappelés à leur « division ».

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Plus loin « a » est ni prédictif ni imprédicatif, c’est à dire s’inscrirait aussi dans une logique « autre », celle du « ni, ni »! Ce « ni; ni » relève d’une occurrence logique; C’est un objet de « transaction », d’échanges « pris en objet » (ou jouissance partielles= bouts de jouir?) , un « reste » fonctionnel (l’x de F(x) selon moi) au point d’être également cessible même si objet évanescent… L’idée de l’objet/ concept « femme » me semble approprié à rassembler diverses de ces qualités disparates en même temps.

Plus précisément, pour RL « a » est et n’est pas à la fois, représentant et présentifiant en même temps l’absence. L’objet « a », dans la psychanalyse, dit il, va jusqu’à associer « forclusion » et « discordance » (on revient aux 4 occurrences logiques qu’il énonce).

Par là « a » est aussi « objet d’une négativité »! Il est démenti entre prédicativité et imprédicativité, dont il constitue pourtant les deux bords et en lui même comme l’objet dun « non rapport ». L’objet « a » c’est un « manque » pris en objet .

( J’ajouterai ici dans sa « fonction imaginaire » cad que sur le plan symbolique c’est par exemple du S1 pris comme manque (moins phi)).
Schématisme Lewin / « a » (suite)…

3 strates:
Concepts——> Schémes——> Figurations

qui pour moi covarient dans le sens extensions et intentions et vice et versa, sauf qu’il faut partir qu’une fonction est imprédicative dans sa transformation en objet(s).

(Voir schéma pages 39 et 40… du livre de RL « Das Ding »)

 

Est ce que l’objet précède le signifiant ou l’inverse?

La réponse est que seul le signifiant pose la question et par conséquent il faut retenir qu’il n’y a pas d’objet en soi qui ne soit déjà l’objet d’une hypothèse dont la fonctionnalité récursive tentera d’en donner la raison imprédicative etc…

Sans signifiant il n’est pas question même d’objets…
Parler, via l’angoisse, n’est ni affaire de communication ni une affaire de production de signifiés mais une affaire sine qua non d’existence », pas moins.

Comme vivant, l’on est que l’effet « partie prenante » du symbolique (pensons ici au nouage Borroméen pour le situer) à défaut « simple cadavre » ambulant… Il faut donc ce fondement récursif de la signifiance, sans méta langage possible, même pas de nécessité ou condition particulière.

Je dirai qu’on touche là à la « praxis » même de la parole et à son efficace réelle (qui dépasse ici de loin « l’ambition psychothérapique ») et porte hors des sentiers « battus » du sens, même de la signifiance supposée.

Plus loin encore, le concept de « Nature » est « déjà ordonnée » par le signifiant. Elle n’est donc elle même, cette supposée Nature, que le « comme si », le semblant nécessaire à rendre compte d’une signifiance qui l’ordonne et la précède…

Ainsi pour RL, pas de Psyché ou d’âme mais quelque chose qui se construit à fur et à mesure de « l’empierrage » du chemin, frayage que reprend LG Papon dans le chapitre qui le concerne. Pas de chemin à l’avance (suivre ses pieds en cheminant dans un monde psychique « plat », cette platitude étant pour moi une notion topologique que Lacan postule avant moi.

J’ajouterai qu’ainsi, les obstacles de la vie apparaissent intéressants en tant que « noeuds » pris dans le tissu langagier. La fonction de « mise à plat » m’apparait comme une des fonctionnalités de la remise en lien de la signifiance dans la cure).

A l’opposé du discours de la Psychanalyse, au sens d’une lecture des mathèmes, la politique prédicative « psychose » le lien social en « chosifiant » la fonction par forclusion de l’imprédicativité. Ceci vaut me semble-t-il pour un éclairage et un avertissement relativement aux discours actuels dominants. Le succès apparent voire le triomphe d’une idéologie néo-libérale est un repère d’une attitude mono maniaque sur un plan sociologique qui pour s’imposer « forclot » d’autres discours et particulièrement le discours hystérique interprète comme « pathologique par les « porte parole » politiques, médiatiques…

Sans prendre la mesure des risques du « maldire » les gloseurs actuels qui se tripotent la « pense » ne sont pas les faiseurs de demain qui risquent bien « Eux » de créer en retour des situations ou le réel se fracasse violemment dans le champ social, politique, idéologique etc…

Ainsi les mouvements sociaux, ainsi les recroquevillements communautaires, ainsi le retour du pire dans le religieux etc…autant de mauvaises « toute puissance » pour résister à l’impérialisme économique des multinationales, toutes puissances économiques.

D. Juin 2016

 

Références:
1) La « Chose » en psychanalyse» ; (de R. Lew, LG Papon; G Van de Vijver; Y.J Harder et M.Saint Paul) Coll « Lysimaque ».

2) Le théorème de Gödel ( de E. Nagel; J.R Newman; K. Gödel, J.Y Girard); Coll « Points

3) Article dans la publication du Site « aecf Lille »: « Sur la radicalité » d’Amin Hadj Mouri