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Se donner : corps et âme ? – 1ère Partie

Il n’y a pas de sujet sans de soi. Le est la marque d’une lutte contre ce don de soi en tant qu’objet de l’.
Voilà ce que je soutiens.
LACAN disait, pour sa part qu’il n’y « pas de Je sans l’Autre » et que l’Angoisse est le « manque de manque » ; autrement dit : le manque d’écart du Je à l’Autre.

Avec ce que la procédure de la passe m’aura amené à mettre en dits, je vous en apporte ici le témoignage : dans un article présenté en plusieurs parties.
Il s’agit d’amener à la discussion ma conviction que la cure psychanalytique que certains appellent « traversée du fantasme », après Lacan, est affaire de reconnaissance de l’ de l’objet du don de soi. Cet objet reste méconnaissable, on ne saurait en dire la teneur. Pourtant il se manifeste. C’est certainement cet objet a dont parle LACAN. Aussi bien : l’objet de « l’angoisse de castration » dont parle FREUD… L’objet de « l’analyse finie/infinie », en tant que : « Roc de la castration » ; ce à quoi tient le fameux Désir qui meut notre existence.

, 9/12/2019

 

Se donner : corps et âme ?

 

« Donner est une supériorité. »

- Victor HUGO

« L’amour c’est le don de ce qu’on n’a pas »

- Jacques LACAN

 

 

Le don est au cœur du discours du sujet.
Ainsi, apparaît-il lors d’une cure psychanalytique, comme une interrogation nécessaire.
Cette interrogation concerne précisément ce qui anime ce sujet, en tant que sujet de l’Autre ; engagé dans le désir de l’Autre. Par l’équivocité de cette appellation du désir, LACAN pointe qu’il est tant affaire de l’Autre que de celui qui aura à l’énoncer en tant que sujet.
Ainsi, pouvons-nous entendre la dialectique du sujet, en tant que nécessairement inscris dans la relation d’objet : il n’y a pas de Je sans l’Autre.
Cet Autre fait fonction au regard (ou en miroir) de la fonction du Je.

 

 

Se donner – Narcissisme et dialectique du sujet.

Précisons ce qui donne une place centrale au don et pour mieux le signifier : au don de soi.

Il y a dans la relation à l’Autre une butée, une retenue que l’on pourrait qualifier de nécessaire en tant que ce qui participe de la formation du sujet est le narcissisme.
Ce narcissisme comme primaire, ou ce que nous désignons encore comme l’objet du refoulement primordial, conditionne la survenue du sujet en négatif (cf. schéma). Il ne saurait y avoir (et le terme avoir prend ici toute sa valeur) de sujet sans renoncement (verzuchen) à l’Etre du narcissisme primordial. Ce narcissisme primaire est ce qui fait fonction en intension : ce qui pousse constamment à mettre en acte (notamment en dire), en extension.
Le Je n’existe que du côté de l’Autre, sous forme d’apparats : avec autant d’avoirs pour se signifier comme Un parmi tant d’autres.
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LACAN, dans le séminaire VIII sur Le transfert (auquel je me référerais tout au long de cet article), parle de « refus » et précisément de refus de l’Etre avec le surgissement de la lettre, tel qu’est signifié dans les écrits bibliques qu’au commencement « était le Verbe ».
Cela signifie qu’il n’y a d’existence, pour un sujet, que par le biais des formes de matérialité venant comme autant d’habits le signifier au regard de l’Autre.

Ce regard, il est essentiel puisqu’il est ce par quoi le sujet existe. On se référera sur ce point au stade du miroir, tel que LACAN le désigne comme « formateur de la fonction du Je » (voir également l’expérience du miroir concave et du bouquet inversé dans le séminaire VIII sur Le transfert).

Chaque Un n’a d’autre choix que de passer par l’Autre. Et cela constitue autant la limite imposée au narcissisme que la liberté qui lui est accordé en tant qu’elle lui donne existence : sans expression en extension, la fonction narcissique du Je (en intension) n’aurait d’occurrence d’existence.
Ainsi, le Je est autant le Jeu de la relation à l’Autre, sans omettre de cette considération que le Je est formateur de l’Autre comme fonction.
Je ne fais ici que souligner la dialectique qu’aucun psychanalyste ne devrait s’autoriser à ignorer s’il prétend se consacrer à ce champ.

 

 

(Ne pas) Se donner – Binarité, inhibition et angoisse.

Il n’y a donc pour aucun sujet de possibilité d’exister sans se donner. A la fois, devons-nous entendre la dimension angoissante que peut supposer ce don. C’est bien en tant que matière à angoisse que ce se donner surgit dans le discours de l’analysant.
De constater une retenue de ce qui émane de lui-même dans la relation à l’Autre, et spécifiquement dans la relation à l’objet d’amour (lui-même substitut de l’objet maternel, comme l’a pointé FREUD) l’analysant interroge l’angoisse associée à cette forme d’inhibition.

La question qu’est amené à poser l’analysant est celle du contenu de ce don. Quel est l’objet de ce don ? Surtout : quel est l’objet de sa retenue ? Ou, autrement dit : Quel est l’objet de son inhibition ? Car là est tout l’enjeu de la dynamique symptomatique.

Avec le symptôme, se trouve l’expression de ce qui aura été retenu ou refoulé : quelque chose qui « ne passe pas ». L’allusion peut paraitre gastrologique et il est bienvenu qu’elle paraisse telle, car la pulsion dont nous parle Freud -ce représentant psychique du somatique- ça a du corps !
Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu’il n’y a pas de cette tension continue, dont FREUD nous parle à propos de la pulsion, sans cette logique corporelle sur laquelle elle prend appui. La logique corporelle est la suivante : il y a une tension à éliminer (la faim, la douleur), ou à éviter, notamment en rendant un besoin satisfait. Mais le sujet étant plus qu’un corps à remplir/vider (etc.) celui-ci est constamment animé par une tension continue pour laquelle il n’y a aucun objet de satisfaction.
FREUD a, dans ses premiers travaux sur la pulsion, parlé de pulsion de conservation ou d’autoconservation.  Il dira encore, plus tard, lors de ses échanges épistolaires avec Pfister que chaque zone érogène est liée à un organe et que ceux-ci tendent à leur conservation.
Autrement dit, le plaisir visé par la pulsion est tout à fait lié à la visée de l’organisme qui est une visée de survie.

Mais qu’est-ce que survivre pour un sujet si ce n’est qu’exister, ce qui signifie « hors-être » (étymologie) ? Ce « Hors-Etre » est relatif à la naissance du sujet, si bien désignée par cette écriture : « n’être ». N’être équivaut à sa survenue au monde, qui est monde de l’avoir. Avoir quoi ? Les attributs du par-être
Comment voulez-vous concevoir votre existence sans pouvoir en passer par toutes formes d’expression de celle-ci qui sont autant d’attributs d’apparat permettant d’en porter l’expression d’un sens ? C’est cela que la signifiance : qu’il n’y a pas de façon possiblement déterminée définitive d’exister dans la mesure où ce qui porte nécessairement cette existence est constitué de signifiants. Ces signifiants (S2) ne s’affirment que dans la pluralité, laquelle se pointe dans des métaphores passantes et interchangeantes exprimant l’inévitable métonymie (S1).
S1 : S2→S2’→S2’’… (ou considérer que ce qui fait lien entre chaque signifiant métaphore S2 est le S1 métonymique) :

 

Partant de cela, on peut supposer que l’affect initialement ou fondamentalement attribué à l’objet maternel se trouve dérobé, au sens où l’enrobement maternel équivaut à une perte. L’objet maternel c’est l’objet de la perte. On a trop parlé de frustration (versagen) alors qu’il s’agit du « défaut de promesse » ; la promesse d’un don éternel, idéalisé au firmament. D’éprouver que de mère idéale il ne saurait y en avoir, son sujet s’en trouve castré.
Depuis la mise à mal de cet Idéal maternel, se constitue la menace que préfigure l’occurrence de l’Autre, en tant que celui-ci est synonyme de perte.

A y voir plus clair, que de se trouver inscrit dans la relation l’Autre, le sujet se trouve castré (LACAN l’écrit justement divisé ce sujet : s barré). La tentation est alors grande, dans la visée que suppose le Moi-Idéal, associé à cet objet maternel, de se priver de toute relation à l’Autre, comme si cela permettrait de se préserver de toute potentielle perte.
On retrouve, dans cette dynamique de pensée, l’hypothèse freudienne de la pulsion d’autoconservation.
Une instance narcissique régit la relation à l’Autre mais si elle tend à la négation de ce qui fait fonction chez cet Autre (pour la préservation du narcissisme primaire) alors le sujet s’y fourvoie. A ne plus se reconnaître existant au regard de l’Autre, Narcisse court à sa perte, c’est-à-dire à son autolyse.

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Concernant l’enjeu de la cure psychanalytique, il ne peut être fait impasse sur cette dimension de la perte. Dimension sur laquelle FREUD insiste particulièrement dans la dernière période de son élaboration théorique et qu’il nomma : “angoisse de castration”.
Pourquoi est-ce si important ? Cela compte, et c’est le moins que l’on puisse dire, si vous voulez bien y entendre ce que je soutiens ici.
Ce qui va faire angoisse, avec le symptôme -comme caractère majeur du symptôme- c’est l’inhibition, en tant que celle-ci marque la tentative d’en finir avec les tracas que lui pose l’Autre. De fait, que le sujet doive nécessairement en passer par cet Autre pour exister fait contrainte puisque cet Autre rend l’expression de son désir, en tant que désir de satisfaction pris comme principe de plaisir, limité. Voilà la castration.
L’inhibition se manifeste comme une retenue : puisqu’il s’agit de ne plus s’embarrasser[1] des renégats de la relation d’objet (désir, manque, etc.), il s’agit de retenir tout don aussi bien que toute demande… Cela en parade à l’angoisse de “se faire avoir” (comme objet du désir de l’Autre).

Rien que la relation d’amour que chacun peut éprouver au quotidien, avec ses proches, montre l’expérience d’une tentative constante de s’y retrouver gagnant sans trop y perdre.
Il faudrait y donner pour recevoir, sans savoir véritablement ce qui s’y donne.

C’est ce que LACAN a marqué de cette scansion : “l’amour c’est le don de ce qu’on n’a pas”. Si on ne l’a pas et qu’on le donne c’est qu’on voudrait bien pouvoir là l’y saisir.

Ce reste insaisissable, au sein de cette relation d’amour, voilà ce qui motive l’inhibition, et ainsi : le symptôme.
Dans des manifestations hystériques, c’est un corps qui fait mal et qui appelle à ne plus se mouvoir ou à ne plus participer à la relation à l’Autre dans ce qu’elle a de plus manifeste, à savoir : la présence parmi les autres où il s’agit de se mettre en (à) parler et aussi bien à demander. Dès que Je parle, je demande. Dès que je parle, je témoigne du désir de l’Autre.
Ou alors c’est une obsession ou si vous préférez un savoir absolu visant à faire taire les autres. L’obsessionnel laisse entendu qu’il a à vous apprendre ce que vous ne pouvez que lui demander comme s’il n’était lui porteur d’aucune demande puisqu’il a déjà mieux que ce que vous auriez à lui donner.
Je simplifie le trait bien sûr, l’objet étant de signifier dans la retenue du don, l’inhibition propre au symptôme ; propre à ce qui finira par faire mal.

Mais, me direz-vous : si l’obsessionnel ne se montre porteur d’aucune demande puisqu’il se présente comme ayant tout ce qu’il faut et ne pouvant alors que donner, comment peut-on affirmer qu’il est dans la retenue du don ?
Cela m’appelle à insister sur la dialectique du sujet de l’inconscient (le sujet de la ; son objet si vous préférez). Toute demande suppose un don, lequel appelle encore une demande. Autrement dit, chez chacun la demande vient à la suite du don et le don à la suite de la demande, etc. C’est que LACAN pointe comme métaphore de l’amour (in Séminaire Le Transfert) où jamais un amant ne saurait se passer de devenir aimé à son tour ; à la suite de l’aimé, etc. Il est entendu, dans cette dynamique, que tout don appelle une demande en négatif et vice-versa.
Précisons encore ce point en se référant aux enseignements de LACAN concernant la pulsion : la pulsion orale s’exprime avec la demande orale qui est “demande de se laisser nourrir”. “Nous avons dit de toute demande, du fait qu’elle est parole, tend à se structurer en ceci qu’elle appelle de l’autre sa réponse inversée”[2].
Soulignons cette “réponse inversée” dans ce qui est appelé en l’autre. Il s’agit du schéma pulsionnel, en considérant la pulsion sous son versant “partiel”, c’est-à-dire : visant un objet déterminé (qui ne peut qu’être déterminé ou partiel, en tant qu’objet). Tel que FREUD l’a désignée, la pulsion partielle fonctionne dans une relation où, pour l’un, l’autre fait complément : l’exhibitionniste (actif) se fait voir et le voyeur (passif) se fait faire voir. De la même façon, le masochiste se fait faire mal par un sadique qui se fait auteur de ce mal. On entend celui qui donne et celui qui reçoit dans ce qui caractérise la perversion qui est perversion de la relation d’objet : où l’actif est ancré dans son rôle face au passif lui-même ancré dans son rôle. Il s’agit de perversion, dans la mesure où la négation de la métaphore de l’actif et du passif s’y trouve niée.
Nous retrouvons dans la symptomatologie névrotique cette même dynamique perverse. L’obsessionnel cherche à ne se trouver qu’auteur de don sans qu’aucune demande n’y apparaisse. Il y a cependant une différence avec la perversion dans la mesure où l’autre pendant finit nécessairement par se manifester. En l’occurrence, il y a dans le don de l’obsessionnel une demande que l’on pourrait désigner comme demande de reconnaissance ou plus simplement demande d’amour comme manifestation du désir puisqu’il y apparait une demande insistante de la demande de l’Autre. C’est ainsi que LACAN désigne la démarche du névrosé : ce qu’il demande c’est la demande de l’Autre. Ce que FREUD désignait comme “négatif de la perversion”.

Revenons à notre sujet qui est celui du don ; le don de ce que le sujet ne saurait désigner avec assurance sauf à témoigner de sa conviction qu’il y a chez lui de quoi être inscrit dans le désir de l’Autre, si bien qu’il ne peut que se résoudre à s’y trouver donneur.

“Donneur”. On parle ainsi de celui qui donne ses organes ou de celui qui donne son sang. Bref de qui donne une partie de son corps. La voilà la partialité du don. L’objet du don ne peut être que partiel sinon ce serait de l’Etre, et pour le sujet parlant l’Etre relève précisément de ce qui ne se sait pas ou ne se saisit pas puisque ce sujet de l’inconscient s’y trouve structuré par le langage ; son corps, subverti par le langage. Un corps non pas seulement animé par le besoin, pour la survie, mais animé par une autre logique : la logique pulsionnelle laquelle suppose l’inscription du sujet dans le désir de l’Autre. Autrement dit : pas de fonction narcissique JE sans, son pendant dialectique, la fonction de l’AUTRE. Précisions, avec LACAN : “La “libido sexuelle” est (…) un surplus (…). Au besoin, elle refuse cette satisfaction pour préserver la fonction du désir”.

Nous devons insister sur la partialité de la pulsion dans la mesure où s’y détermine le sujet comme divisé, comme désirant. Et, ce désir de satisfaction courant à son Idéal, aussi bien qu’à sa perte, entendons-y la détermination de l’angoisse aussi bien que du fantasme.
Ce fantasme et cette angoisse est pour le sujet de se trouver pris comme objet total du désir de l’Autre et ainsi : avalé. L’angoisse n’est qu’angoisse de la proie par rapport à son prédateur.
LACAN la désigne ainsi dans son séminaire sur l’Angoisse, et comme : “manque de manque” : là où l’écart du JE à l’AUTRE aura été trop nié.

Mélanie KLEIN inscrit cette angoisse comme surgissant logiquement à la suite des tendances sadiques observée chez le nourrisson : dans sa saisie du sein comme si celui-ci était le sien et que tout -ce qui ne pouvait être que pour lui- avait eu à être incorporé. Alors, découvrant progressivement l’objet comme ne pouvant être identique à lui, le sujet, fait l’expérience de se trouver lui-même inscrit comme potentiellement désiré par cet autre qui pourrait à son tour essayé de le dévorer. Angoisse archaïque, dit-on. Sauf que cette angoisse perdure, en négatif de ce fantasme sans lequel elle ne serait.

Sous cet angle, le don est synonyme de “disparaître” et nous l’écrirons mieux : “dis-par-être”. Ce qui est éprouvé comme angoisse de “ne plus être”.
Je m’explique :  le sujet s’y trouve pris et perdu. Il s’y trouve avalé/incorporé, à l’instar de ce qui aura été l’objet de son sadisme dévoratoire : objet à prendre. Or, hors fantasme/angoisse, le sujet se trouve (à l’inverse du « disparaitre ») nécessairement représenté. Il ne peut que “par-être”. C’est ce qu’implique le nouage RSI (Réel-Symbolique-Imaginaire). Du fait de la représentance, il y a toujours écart du JE à l’AUTRE.
Comme nous pouvons le signifier avec LACAN : “Un signifiant représente un sujet pour un autre signifiant”.

Parce qu’il ne peut exister sans Autre, le sujet ne saurait tenir sans sa fonction narcissique : sans en passer par ce qui le meut comme désir.
Pourquoi cette fonction narcissique est-elle déterminante du sujet ?
La fonction narcissique (narcissisme primaire) est n’essence du fait de ce que FREUD aurait nommé le “refoulement primordial”. La naissance du sujet du langage équivaut à n’être. C’est ce qui est à entendre lorsque LACAN affirme, à son tour (après certains philosophes ou écrivains tels Flaubert: La parole est un laminoir qui allonge toujours les sentiments” (MmeBovary, t. 2, 1857, p. 79)) que “le mot est le meurtre de la chose”.
Il s’agit d’affirmer, avec la psychanalyse, avec ce que FREUD met à jour avec l’inconscient : que le sujet ne saurait être maître en sa demeure puisqu’il ne saurait exister autrement qu’en se signifiant. Et qu’en se signifiant, il se trouve pris dans ce langage dont il ne maitrise ni les tenants ni les aboutissants. En sont pour preuves : les malentendus, les lapsus, les actes manqués et autres signes des résurgences de l’inconscient.
Mais, nous devons la reconnaître cette prétention du sujet à y parvenir quand même : à cet saisi de l’objet Idéal. L’enjeu de la cure psychanalytique équivaut à la reconnaissance de cette prétention. Ce que d’autres aiment à nommer : “traversée du fantasme”. Et que LACAN explique comme “épuisement de toutes les formes de la demandes” (in Séminaire Le transfert).
C’est la reconnaissance de cet objet qui fait reste et que l’on nomme : Das Ding. C’est-à-dire : qui reste perdu et qui laisse le sujet divisé ($) et pris dans la logique de l’objet partiel qui est logique pulsionnelle.
Quant à ceux qui tiennent posture de ne plus être concerné par cet (objet) à avoir ils errent ; ce que LACAN désigne : les “Non dupes”, afin d’y entendre la “Forclusion du Nom-du-Père”. Ce “Nom-du-Père” représentant ce qui fait castration du sujet : du Tiers séparateur de l’objet maternel en tant qu’identifié à Das Ding.

 

La reconnaissance du fantasme est précisément ce à quoi appelle le symptôme.
Ce qui fait dire, avec la psychanalyse, que “le symptôme est tentative de guérison”. On en trouve la marque dans le passage à l’acte lequel est instant de chute de l’objet hors-scène, c’est-à-dire : hors de l’image qui en avait prise (i(a)). De s’être pris pour ce qu’il ne saurait être mais qu’apparaître (à par-être ou part-être), le sujet est dépassé par ce qui s’exprime par lui (parle-corps) sous le registre symptomatique : comme retour du refoulé.

 

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[1] Embarras ou pragmatas : « les chichis de l’amour », comme le disait L-G.PAPON

[2] LACAN in Séminaire Le transfert, 1960-61, p.238, édition Le Seuil JA. Miller

 

Benoit LAURIE

  1. AMIN
    Pour préciser quelque peu la réflexion que j'ai émise dans "A brûle-pourpoint" (texte disponible sur ce même site), je dirai que la subjectivité n'a que faire du sacrifice, sous quelque forme qu'il se traduise. Elle fait valoir surtout le désir qui comporte sa loi fondatrice: l'interdit de l'inceste, matérialisé ("motérialisé" -LACAN-) par la structure signifiante. L'histoire de France devrait inspirer Benôit et l'aider à réfléchir sur "le don de soi". Un exemple pathognomonique est donné par PETAIN qui, pour justifier sa collaboration à la "solution finale", mise en place par les nazis, se sacrifie en ces termes: "Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur..."(17/06/1940) A méditer pour éviter de compromettre le discours analytique en le "pychologisant" outrageusement !!!

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